Marais et roselières de l’arrière-pays : pépites nichées
Les grandes zones humides du Roussillon s’étendent aussi côté plaine, offrant autant de havres vitaux aux migrateurs fatigués. Moins fréquentés, ces espaces permettent une observation intime, où le bruissement des ailes et le chuchotement du vent composent la bande-son.
1. Les marais de la Têt et de la Llavanera
- Lieu : Cercle de Bompas, Baho, Saint-Estève
- Biotopes : Prairies inondées, vieilles mares, jonchaies
Appelés parfois “les oubliés du delta”, ces marais accueillent en bande passante des vanneaux huppés, combattants variés, busards des roseaux, parfois même le balbuzard pêcheur lors des haltes.
- Les roselières bruissent à la tombée de la nuit des chants brefs du bruant des roseaux.
- Au printemps, affût recommandé pour espérer entrevoir la gorgebleue à miroir : ambiance féerique garantie.
Moins surveillés, ces marais demandent une discrétion absolue auprès des troupeaux de limicoles. Les sentiers sont parfois boueux, prévoir bottes et patience !
2. Marais du Tech (mas Larrieu)
- Statut : Réserve naturelle nationale
- Enjeux : Derniers grands marais du département
À deux pas d’Argelès, le Tech trace dans le sable un chapelet de mares, de bois morts et de prairie, entre la Méditerranée et les premiers reliefs. C’est la dernière halte avant l’envol vers l’Afrique au sud, ou les Pyrénées au nord. Ici, chaque année, on recense jusqu’à 200 espèces d’oiseaux, dont de grands groupes de bernaches cravant, de canards souchets, ou, ponctuellement, le rare râle des genêts.
- Accès conseillé : Du parking de la réserve, longer les sentiers balisés vers l’estuaire du Tech. Plusieurs observatoires offrent des postes discrets. Respecter impérativement la réglementation d’accès pour ne pas troubler la reproduction d’espèces sensibles.
- Période phare : Mars-avril, puis août-octobre.
3. Les marais des Salines de Villeneuve-de-la-Raho
- Lieu : Moins connu que le grand plan d’eau, au sud du village
- Milieux : Marais temporaires, lagunes, roselières
Sur les bras morts du Réart, battus par le vent, quelques échasses blanches se toisent, tandis que les grands gravelots scrutent la vase. Excellent pour la migration post-nuptiale (juillet-septembre) des limicoles.